Bien vivre les transitions

General Monde de l'emploi

© 24 heures, 23.08.2018

Voici le mois d’août, avec sa dose de chaleur et de farniente.


L’été est, de manière générale, une période où les choses fonctionnent au ralenti. Les routes sont plus calmes, les villes moins peuplées, les gens plus détendus et les impératifs du quotidien moins nombreux et pesants. En résumé, tout paraît moins frénétique et plus simple. La période estivale semble dès lors une belle occasion de se remettre en question, de réfléchir à ses modes de travail et d’apprendre à gérer les variations de charge plus sereinement.

Le monde actuel, en constante évolution, nous force à vivre des transitions. Qu’elle soient formelles (passage des études au monde professionnel, changement d’emploi, revirement de carrière) ou informelles (passage d’une tâche, d’un rôle ou d’un état de pression à un autre), la vie est faite de variations auxquelles on doit faire face au quotidien.

Aujourd’hui, on vit plus que jamais au rythme des quantités de travail, des demandes des clients et de sollicitations professionnelles en tout genre. Pour bien vivre ces changements, les compétences en adaptation sont clés. L’attention portée à une allocation efficace de son énergie permet de se préserver et fournir des efforts là où il faut, quand il faut.

Une porte d’entrée pour gérer ces fluctuations sereinement vient de comment on priorise les différents domaines de la vie, notamment en veillant à développer des ressources ailleurs que dans la sphère strictement professionnelle.

Dans le monde du travail, les changements de charge se manifestent objectivement de multiples manières. Mais surtout, chacun a sa propre façon de vivre ces transitions. Et le plus important, c’est bien la façon dont on en fait l’expérience et on parvient à y faire face.

Se pencher sur le vécu individuel des variations de charge permet notamment de comprendre les nouvelles formes de souffrance, dont le boreout, syndrôme d’épuisement par l’ennui au travail. En effet, le manque d’activité, lorsqu’il est vécu comme tel, peut être tout aussi dévastateur que son contraire, le burnout. Ceci nous rappelle l’importance d’investir des ressources hors de la sphère strictement professionnelle pour se préserver.

La société contemporaine place le travail au centre ; on croirait volontiers que la reconnaissance des autres et l’estime de soi dépendent étroitement, et presqu’exclusivement, de ce domaine-ci. Mais s’adonner à d’autres occupations que le travail permet de rester à la surface et traverser ces périodes, qu’elles soient de surcharge ou de sous-charge, plus sereinement.

Pourquoi alors ne pas profiter du calme de l’été pour apprendre à moins faire pour mieux faire, et oser nous dédier à d’autres occupations que notre travail lorsque celui-ci est moins prenant ? On pourrait par exemple décider de reprendre contact avec des amis qu’on ne voit pas depuis longtemps, s’essayer à une nouvelle activité, ou encore s’informer sur un sujet qui nous passionne. À chacun de chercher la meilleure façon de trouver du plaisir et une forme d’accomplissement personnel ailleurs qu’au travail et y développer, peu à peu, ses ressources.

Marielisa Autieri
Consultante
  

24 heures