Rester soi-même face à la culture d’entreprise

Monde de l'emploi

© 24 heures, 21.06.2018

La culture d’entreprise est, à juste titre, considérée comme un élément majeur dans le succès d’une organisation. À la manière de celle d’une région, la culture d’entreprise comprend l’ensemble des valeurs censés être partagées par tous les collaborateurs au sein d’une entreprise. De ces valeurs découlent des comportements et manières de réagir au quotidien. C’est d’ailleurs la culture propre à l’organisation, comprenant à la fois des aspects formels et informels, qui lui permet de se démarquer de ses concurrents, la rendant unique et difficilement imitable.


Souvent, les valeurs sont liées aux histoires fondatrices de l’entreprise, à des personnages et évènements qui l’ont forgée au fil du temps. Ces éléments permettent aux collaborateurs de s’identifier aux valeurs de manière personnelle, voire émotionnelle. Mais ce sont surtout les éléments informels, difficilement verbalisables, qui jouent un rôle déterminant dans la culture d’entreprise. Ambiance, règles implicites, tenue vestimentaire, lexique… ces éléments peu explicités distinguent une personne interne d’une externe.

Le succès d’une culture d’entreprise vient du fait qu’elle est d’abord intégrée, puis vécue : les collaborateurs s’en imprègnent dès leurs débuts dans l’entreprise, jusqu’à ce qu’elle fasse partie de leur manière d’être. Toute organisation requiert de s’adapter, à des degrés plus ou moins élevés, à sa culture pour pouvoir y fonctionner. Ceci permet notamment de partager une manière de penser et de se comporter au sein de l’entreprise, ainsi que de transmettre ses valeurs auprès des clients. Dès lors, on peut se demander où se situe la limite entre son fonctionnement propre et l’entreprise dans laquelle on s’insère : à quel point doit-on se dénaturer pour rentrer dans le moule ?

Tout d’abord, il est utile de se questionner sur ses propres valeurs. Qu’est-ce qui est important pour moi dans la vie, de manière générale, quelles sont mes priorités ? Quels aspects du travail sont centraux pour moi ? Avec quel type de personnes et environnements est-ce que je me sens le plus à l’aise ? On peut par exemple privilégier les rapports informels et basés sur la confiance, travailler dans de plus ou moins grandes équipes, se sentir à l’aise face à plus ou moins de compétition, et ainsi de suite. Ce questionnement permet de cibler le type d’entreprise où l’on aurait le plus de chances de se sentir bien.

Ceci étant dit, tout être humain est doté de capacités d’adaptation et ressources lui permettant de faire face à des environnements qui s’éloignent de ses valeurs et idéaux profonds, en tout cas jusqu’à un certain point. Il est dès lors utile de se questionner sur ses valeurs, mais également sur ses limites, pour savoir ce qu’on est prêt à accepter ou non. Enfin, n’oublions pas que le rapport entre la culture d’entreprise et soi-même est bidirectionnel : c’est par les personnes que la culture évolue, se transforme et s’adapte aux défis d’aujourd’hui et de demain.

Marielisa Autieri
Consultante
 

24 heures