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Self-leadership : entre prise de recul et demande de soutien

Monde de l'emploi

© 24 heures, 14.10.2021

« Entre la pression de l’atteinte du résultat et l’adaptation au Covid depuis 18 mois, je me suis fait complètement happer par l’opérationnel. Du coup, j’ai commis l’erreur de délaisser mes équipes. Je suis à bout !». Voilà ce que me confie un manager lors de son premier rendez-vous de coaching, suscité par une situation de crise au sein de son équipe.


Bien que le rôle de responsable puisse être source de plaisir et de satisfaction, il est également complexe et peut engendrer de la souffrance. En effet, l’isolement et les responsabilités qui en découlent nécessitent d’avoir certaines cordes spécifiques à son arc (compétences, outils, etc.), sans quoi manager et collaborateurs peuvent se trouver en difficulté, d’autant plus en cette période passablement chahutée. 

A la question « qu’auriez-vous pu faire différemment ? », la personne me répond : « mieux me gérer et oser demander de l’aide ». Mais comment reprendre du recul et réaliser qu’on a besoin de soutien lorsqu’on est en difficulté ? 

Selon nous, la première étape renvoie au « self-leadership », à savoir, le fait de se « gérer » soi-même et de se prendre en main. Pour cela, il faut avant tout bien se connaitre, ce qui implique de reconnaître ses propres limites, freins et facteurs de stress. Que ce soit par le biais de formations, coaching, thérapies ou encore de par son expérience de vie, un manager qui aura régulièrement pris du recul sur sa pratique et sa personne aura davantage de facilité à agir face à une impasse, notamment en s’appuyant sur ses forces, ses compétences et ses ressources qu’il aura identifiées au préalable. Son équipe a un rôle important à jouer dans ce processus car elle peut également accompagner le manager, s’il l’accepte, vu que c’est au sein de relations proximales et de confiance que le self-leadership peut se développer. 

Par ailleurs, améliorer la connaissance de soi permet d’être proactif et autonome dans son propre développement et d’acquérir plus rapidement de nouvelles compétences. Il nous paraît donc évident que, pour se retrouver à la tête d’une équipe, le self-leadership soit essentiel. 

Toutefois, ce n’est pas réservé aux managers. Certaines entreprises ont déjà compris l’intérêt de soutenir le développement du self-leadership à tous les niveaux. Ils en constatent les bénéfices sur la prise d’initiative et l’autonomie, et par conséquent, également sur la motivation, l’engagement et la performance générale des collaborateurs. Nous encourageons donc fortement toute personne à entamer ce processus : identifier ses limites pour travailler sur celles-ci, tout en s’appuyant sur ses forces. Sans oublier d’oser demander de l’aide en cas de besoin. 

Olivia Capua
Consultante
  

24 heures