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Trouver son équilibre entre vie professionnelle et vie privée : une responsabilité partagée ?

Monde de l'emploi

© 24 heures, 19.03.2020

Le 11 septembre dernier, le Conseil National décide d’un congé paternité de 2 semaines pour compléter celui de 14 semaines réservé à la mère. Un vrai pas en avant, sachant qu’aujourd’hui les pères ont généralement droit à un ou deux jours seulement lors de la naissance d’un enfant.


Bien que les pratiques des entreprises varient largement dans ce domaine - certaines octroyant déjà 2 semaines au père ou un congé plus long pour le parent qui a la charge de l’enfant, sans spécifier le genre - il n’y a, pour l’heure, pas de disposition légale spécifique régissant un congé paternité à proprement parler.

Cette étape serait-elle un pas de plus vers l’instauration d’un modèle flexible, sous l’enseigne du congé parental à partager entre mère et père ? Un exemple plutôt abouti de ce modèle est celui de la Suède, qui offre un congé de 96 semaines à répartir entre père et mère, chacun étant tenu d’en prendre au moins 12 semaines. Ce modèle existe sous différentes formes et il est en vigueur dans la moitié des pays de l’OCDE.

En revenant à notre échelle locale, cet épisode de la vie politique Suisse nous renvoie à l’importance de la quête d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Cette recherche est l’affaire de chacun, peu importe le genre et l’activité : les besoins, envies, valeurs et contraintes devraient être les guides principaux pour trouver un équilibre qui convienne à soi, de manière individuelle, pour gérer sa charge mentale de manière optimale.

La responsabilité de trouver cet équilibre est partagée avec son employeur et, plus globalement, avec le monde du travail. Celui-ci se doit d’offrir des formes d’organisation variées afin que chacun puisse s’épanouir et donner de sa personne dans de bonnes conditions. Que ce soit par du travail à distance ou à temps partiel, des horaires bloqués ou annualisés… les possibilités sont aujourd’hui déjà vastes et il reste une marge pour en développer de nouvelles, ce qui est encourageant !

N’oublions pas que l’équilibre entre vie professionnelle et privée est, par nature, changeant. Selon les évènements de vie, d’autres formes émergent et se stabilisent temporairement. L’arrivée d’un enfant, par exemple, demande un rééquilibrage des charges à la fois sur le front privé et professionnel. Ainsi, les jeunes parents devraient être encouragés à se questionner sur leurs besoins respectifs et surtout, se sentir libres de s’organiser de manière optimale, tout en veillant à conserver leur employabilité.

Le point d’attention se trouve dans l’anticipation des envies futures, car même s’il l’on décide à un moment donné que la priorité n’est plus sur le front professionnel, cela pourrait changer par la suite selon le nouvel équilibre trouvé. Ainsi, il est toujours utile de garder contact avec le monde du travail, chacun à sa manière : du bénévolat à la formation, le champ des possibles est, là aussi, très vaste !

 Marielisa Autieri
Consultante
  

24 heures