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Se développer en pratiquant l’auto­-feedback

Monde de l'emploi

© 24 heures, 29.08.2019

Selon un récent article paru dans « Le Temps », ici en Suisse, nous ne pratiquons que peu le feedback régulier, que nous utilisons essentiellement lors du bilan annuel. Or, le feedback, qu’il soit positif ou négatif, est utile à tous les employés et lorsqu’il vient à manquer, il n’est pas rare que l’on se désengage. C’est ainsi que la pratique helvétique priverait donc les collaborateurs d’une source importante de motivation et de développement des compétences, ce qui est dommage.


En effet, le feedback permet à tout employé à la fois de valoriser son travail et ses compétences, tout en lui donnant l’occasion d’ajuster son comportement progressivement, sans risquer l’effet de surprise au moment du bilan annuel. De plus, comme mentionné précédemment, le feedback permet de renforcer l’engagement lorsqu’il est pratiqué de manière régulière. Ainsi, s’il est utilisé efficacement, le feedback est donc une aide à la construction du mental professionnel de chacun. On peut également mentionner qu’il est préférable de donner du feedback en s’appuyant sur des outils adéquats, notamment la méthode DESC, qui permet de communiquer un désaccord en partageant des faits, son ressenti, à la recherche d’une solution satisfaisante.

Finalement, le feedback permet d’obtenir une forme de reconnaissance. Il est le signe que l’on est reconnu dans son travail  et accepté au sein du groupe auquel on appartient. Néanmoins, cela représente une forme de reconnaissance externe, qu’on ne peut donc pas influencer soi-même : en effet, on ne dispose pas des leviers pour impacter les actions d’autrui. 

Toutefois, lorsque cette culture du feedback régulier n’existe pas au sein de son entreprise, plutôt que de le subir et d’être pénalisé par ce constat, chacun a la possibilité de rechercher de la reconnaissance « interne » et d’agir dans sa zone d’action où nous pouvons impacter notre environnement. C’est ainsi que l’on peut s’auto-évaluer sur son propre travail, de manière quantifiable, en observant par exemple le nombre de cas traités, à travers le temps que l’on prend pour gérer un dossier, ou de façon qualitative, notamment en répertoriant les bonnes actions que l’on a faites au travail et en ajustant sa pratique avec des professionnels inspirants que l’on a autour de soi.

En effet, se féliciter soi-même sur ses propres exploits, les répertorier et les relire dans des moments de doute est une pratique utile pour se sentir valorisé et gagner en confiance dans le domaine professionnel. Pour cela, il est également important de se connaître et de tenir compte de ses propres points de développement, en gardant un œil critique sur soi et en cherchant à mettre en place des plans d’action pour progresser. L’auto-feedback est ainsi une piste intéressante pour rester acteur de son développement professionnel. 

Il est donc possible, sans retours externes sur sa pratique, de profiter de l’impact bénéfique du feedback, tout en apprenant à davantage se connaître soi-même et ainsi susciter du plaisir dans son travail. Alors, pourquoi se priver de l’auto-feedback ?

Solange Christin
Consultante
  

24 heures